conception / mise en scène / scénographie >
Eric Sanjou
création musicale et images > Mathieu Hornain
assistante à la mise en scène > Valérie Mornet
interprétation > Flora Monteiro / Christophe Champain / Mathieu Hornain
avec la participation amicale au tournage des images de
Caroline Dubois / Valérie Mornet / Christian de Miegeville / Eric Sanjou
Durée : 55 minutes
coproduction Association Vents et Marées - La Roche-sur-Yon
Partenaires : Le Local-Montauban / adda 82 / Collectif Théâtre Jeunes - Pau
Le spectacle "55° Latitude Nord"
est très librement inspiré de la nouvelle de Jules Supervielle "L'enfant de la haute mer"
Au commencement, il y a cette nouvelle de Jules Supervielle, "L'enfant de la haute mer", c'est de cette oeuvre, d'un des plus grands poêtes du 20ème siècle, que m'est venue le désir d'écrire ce spectacle mettant en lumière et en corps des éclats de poésie.
J'ai choisi de créer un personnage, voyageur/lecteur, passeur de mots et de conte. Il ouvre le spectacle, assis au milieu de nulle part, entre ciel et mer, lisant une histoire, "l'histoire d'un marin les coudes appuyés sur la lisse".
C'est cette lecture, cette découverte du marin dans un livre qui va faire naître le personnage sur la scène, qui va rendre sa présence concrète.
Ils sont maintenant deux, et le marin à son tour, aidé par le lecteur, va, avec la force de sa mémoire et de son désir, faire exister une "petite fille", sa fille vivant au milieu de l'océan par 55° de latitude nord.
Comme dans la nouvelle, "les choses se disent et se vivent au fur et à mesure que nous les voyons et ce qui doit rester obscur le reste malgré nous".
J'ai tenté de retrouver, dans la construction et dans les formes, l'univers poétique et surréaliste de Supervielle en travaillant par flashes, par instantanés presque photographiques.
Pour le texte, il me semblait essentiel de donner ˆ entendre aux jeunes spectateurs ainsi qu'aux adultes des écritures très construites, rythmiques, riches de sens multiples et contradictoires, l'essence d'une écriture poétique.
"55° Latitude nord" est un spectacle d'émotion dans lequel on croise aussi bien Supervielle que Lorca, ou l'on peut entendre des vers d'Aleïxandre et des bribes de Le Clézio.
J'ai voulu un spectacle d'images et de mots qui soit une porte pour donner ˆ entendre de la pure poésie. C'est un voyage que nous faisons, un voyage qui nous plonge dans l'océan de la délicieuse puissance des images suggérées par les vers des poètes.
Eric Sanjou
Par petites touches successives, au milieu de nulle part, baignés dans la vague lumière de la mer, un voyageur, un marin et une petite fille, nous entraînent dans un songe éveillé. Ils nous offrent quelques bribes de vie, des instants minuscules et fabuleux, des éclats sublimés par leurs imaginaires. Est-ce réel ? Existent-ils vraiment ? Peu importe, ils sont là avec leur immense besoin d'amour, de joie, ou tout simplement de vie.
Dans "55° latitude Nord", la narration et le temps ne sont pas essentiels. A travers l'écran d'où surgit l'océan et dans la "boîte-valise" mouvante où s'inventent des lieux inconnus et des cadrages surréalistes, les portes de nos rêves semblent s'entrouvrir.
Les trois personnages nous font pénétrer dans leur univers étrange et onirique : un village liquide déchiré par l'enfant, un orage aquatique dont les éclairs deviennent des visages, l'enfant qui flotte au milieu des poissons volants... C'est alors qu'on entend la petite musique des coeurs, celle du souvenir, elle enfle en une valse débridée... 55 degrés latitude Nord est un spectacle gigogne, mystérieux et sensible, un spectacle qui loin d'être imposé semble naître de l'imaginaire du spectateur, comme si lisant un livre nous pouvions soudain nous glisser dans les pages et en devenir les acteurs. Spectacle d'images où les mots égrènent une douce émotion poétique, 55° latitude Nord entrouvre les plages de l'imaginaire pour qu'apparaisse un monde d'une infinie tendresse où tout serait possible.
"Histoire d'un marin les coudes appuyés sur la lisse !
Mer. Océan. Et lumière. Le vent.
Par 55° de latitude Nord.
Le silence des marées.
Des jours et des nuits. Immobile, si l'on regarde. Immobile.
Avec autre chose que des hommes. Des pensées, des souvenirs. Je les respire.
Je navigue ˆ la surface d'un trompe-l'oeil !"