« après le théâtre » – en savoir plus

Au départ une envie de chanter, revenue après une vingtaine d’années où le théâtre prenait toute la place…

Et puis viennent les spectacles où je pousse de plus en plus la chansonnette, les cabarets, les dîners spectacle. Ça arrive de plus en plus souvent et c’est un plaisir immense à chaque fois… Ce petit bonheur des chansons fables, et les airs sur les tables, les padam-padam qui me disent : un de ces quatre je vais le faire en entier ce tour de chant. Enfin survient la rencontre avec les chansons d’Anne Sylvestre, ses chansons « engagées ». Avec Philippe Gelda, nous avons choisi trois chansons de la grande dame pour une soirée contre les violences faites aux femmes : « Une sorcière comme les autres », « Maison douce », « Les gens qui doutent ». Après ça, y’a eu comme une envie d’y revenir ! L’envie d’en chanter et d’en découvrir davantage. Le pari est lancé en 2021 avec l’Arène Théâtre et avec Philippe on décide de s’attaquer davantage à l’œuvre de l’artiste et de fabriquer notre « objet Sylvestre ». Avec son bagage musical, Philippe a composé des arrangements pianistiques qui nous ressemblaient plus que le rythme un peu guitare ritournelle qu’on avait l’habitude d’entendre sur ces paroles. Ceci sans vouloir manquer de respect, bien au contraire ! Car comme Anne Sylvestre a dit un jour : « Plus on s’approche de l’estuaire, plus on se souvient du ruisseau. »

Céline Pique

 

 

 

Anne Sylvestre, une artiste aux chansons cultes :

Née en 1934, Anne Sylvestre démarre sa carrière en 1957 et publiera son premier trente-trois tours en 1961. La carrière d’Anne Sylvestre se poursuit parallèlement sur deux axes, chansons pour enfants et chansons pour adultes.

Si Anne Sylvestre reste connue principalement pour ses Fabulettes pour enfants, qui lui valent d’avoir laissé son nom à des écoles, son répertoire est surtout riche de chansons plus engagées, comme Non, tu n’as pas de nom, sortie en 1973, sur l’avortement, deux ans avant la loi Veil, ou encore Une sorcière comme les autres en 1975 et bien sûr, Les gens qui doutent en 1977.

En septembre 2007, elle sort un nouvel album Bye mélanco et fête ses 50 ans de chansons par une série de récitals à guichets fermés au Trianon (Paris). Pas de nostalgie, ni de bilan patrimonial : le public d’Anne Sylvestre ne cesse de se renouveler et de s’élargir, et toute une nouvelle génération de jeunes chanteurs et d’artistes la saluent comme une référence incontournable. De nombreux artistes de différents styles et de différentes générations chantent ses classiques, de Pauline Julien à Marén Berg en passant par Agnès Bihl, Isabelle Aubret, Cora Vaucaire, Serge Reggiani, Claude Vinci, Jann Halexander, Jorane, Vincent Delerm, etc.

Pendant toute sa carrière, elle s’intéressa aux faits de société, et notamment à la condition des femmes, revendiquant le terme de chanteuse « féministe », qui fut parfois lourd à porter : « Je suppose que ça m’a freinée dans ma carrière parce que j’étais l’emmerdeuse de service, mais ma foi, si c’était le prix à payer… »

En 2018, elle fête ses soixante ans de carrière par une tournée et un triple best of : Florilège, ainsi qu’une intégrale de ses oeuvres chez EPM intitulée 60 ans de chanson! Déjà ?

Anne Sylvestre est décédée le 30 novembre 2020.