« le tutu » – en savoir +

un synopsis…

Venez partager les frasques de Mauri de Noirof dans le Paris de la Belle Époque…
Mauri est un être très attachant bien que profondément excentrique. Né dans un train à vapeur, il voue une passion de braise à sa mère, femme superbement décadente.
Il épouse une riche héritière obèse portée sur la boisson, engrosse une femme à deux têtes qui s’exhibe dans les cirques, devient député, ministre de la justice et ne manque pas d’enfiler un tutu pour prendre un cours de danse chez une ex-cocotte…

 

mais pourquoi porter « ça » à la scène  ?

« Le Tutu » est d’une surprenante modernité (ce qui a pu faire croire à une supercherie), c’est un « roman », sous des atours légers, absolument visionnaire.

Cette société « fin de siècle » qui se vautre dans l’inculture et le divertissement (c’est-à-dire dans la merde) est un miroir tendu à notre début de siècle décérébré. Comme le dit Mauri de Noirof : « le Créateur (s’il existe) oublia de ne pas créer l’homme à son image, de sorte qu’il s’est condamné à avoir sous les yeux la photographie de sa propre image : des gens bêtes sur une terre inculte qui ne produit plus rien, ou les arbres dépoussent quand poussent des « hommiers » dont les fruits sont  humains ».

Ce grand fatras qu’est « Le Tutu » est un brûlot contre la bêtise, l’ordre et la morale. Les excentriques, les extravagants et les « monstres » du « Tutu » provoquent la société de l’avoir et du paraître. Ils lui jettent à la face sa veulerie et son inanité.

Mais comment mettre « ça » en scène ?

Tout d’abord et comme à mon habitude en n’étant pas univoque.
Mettre en scène c’est mettre en vie et la vie n’est ni formelle, ni aseptisée, ni tendance, ni conceptuelle. Mettre en scène c’est  créer une réalité de plateau qui n’a pas à être morale ou vraisemblable.

L’adaptation d’un texte non dramatique est un formidable terrain de jeu, un formidable espace de liberté. C’est ce que réclame ce « roman » : la liberté. « Le Tutu » offre plusieurs niveaux d’écriture donc plusieurs niveaux de jeu et de théâtralité (car c’est bien toujours de théâtre dont il s’agit). Il faut tout explorer, exploiter et ne surtout pas chercher à faire entrer dans un cadre. Il faut que ça déborde, que ça se développe hors champ, hors scène, que ça éclate.

La seule certitude scénographique aujourd’hui c’est « la gadoue » (au sens premier). Nous jouerons sur des couches et des entassements (fleurs artificielles provenant des poubelles de cimetières et morceaux de mannequins de récupérations). Si je pense à une référence plastique, c’est chez Joel-Peter Witkin que je la trouve.

Je vais m’entourer d’une équipe de comédiens et comédiennes complices, des comédiens qui ne craignent pas les multiples implications et mises à nu qu’un tel texte réclame et qui sauront fouir la matière pour en extraire la vie.

Nous allons nous jeter goulûment dans cette création, il faut jouer « Le Tutu » de toute urgence « avant  que l’humanité ne se gélatinise ».

Éric Sanjou (avril 2014)