"La liberté totale "

"La liberté totale" de Pablo Katchadjian

Création 2022
Théâtre tout public à partir de 15 ans 

De Pablo Katchadjian (Editions Le Nouvel Attila)
Traduction : Michel Gomez-Guthart

Adaptation, mise en en scène, scénographie : Eric Sanjou 

Costumes : Richard Cousseau
Régie générale : Laurent Salgé 
Interprétation : Juliana Béjaud, Thibault Deblache, Guillaume Doireau, Isabelle Gaspar, Noé Reboul

Partenaires : Moments de Cultures Vivantes (MCV) – Tarn-et-Garonne Arts & Culture (TGAC)

Après l’intégrale de « Hamlet » (2020-2021), qu’avions-nous encore à dire sur une scène de théâtre ? Quoi mettre en scène après Skakespeare ? Eh bien Eric Sanjou adapte « La liberté totale » de Pablo Katchadjian, jeune auteur argentin né à Buenos Aires en 1977. Le hasard, le livre, le format, le papier, le titre, Buenos Aires, le mystère, l’auteur non encore éprouvé, sa date de naissance, la quatrième de couverture… la lecture découverte et l’évidence : ce sera lui maintenant.

La liberté totale ? Soient deux hommes lettres, A et B, contraints par C et D de chercher une solution à l’équation : Liberté = Totale. Ils la trouvent en tuant leurs geôliers puis prennent la fuite… A et B rencontrent sur leur « chemin » la séduisante E et le sentencieux F avec qui ils se lancent, à travers un monde nébuleux, dans une quête éperdue : que faire quand on est libres ?

La liberté totale est un roman caméléon qui regarde à la fois vers le théâtre, l’opéra (il a été mis en musique et en scène à Buenos Aires), la fable, la comédie, le dialogue socratique. C’est aussi une métaphore de l’écriture, où l’écrivain se rêve en train de rêver ses personnages… Une forme d’écriture instinctive, rapide et ludique, décalée et apparemment légère qui peut nous faire sourire parce que justement ce n’est pas si léger et que si ça apparaît c’est pour mieux disparaître.

Les mots créent le monde, l’interrogent, le déconstruisent, font exister l’autre, laissent entrevoir les possibles, les interrogations et les pistes de jeu. La liberté totale est peut-être là, dans l’invention permanente de la suite. Ça se crée au fur et à mesure, les « êtres-lettres » s’inventent et sont inventés, rien n’est maîtrisé. Nous n’avons pas affaire à des êtres intelligents qui décident, mais à des locuteurs agis. Tout est imprévu. Il faut jouer l’imprévu, tenter la remise en question permanente de l’interprète et du jeu. Rien n’est stable et tangible.

Nous allons explorer de nouveaux territoires, aller ailleurs encore, remettre en question, rencontrer !

Et pour aller ailleurs, je vais faire appel à des interprètes, pour la plupart, vierges de tout travail avec moi. J’ai besoin d’être surpris, déstabilisé, sorti des traces. Je revendique toujours la nécessité de la troupe, la fidélité des équipes, les liens indéfectibles créés par le travail en commun au fil du temps, mais il faut savoir aussi retrouver du désir en allant voir ailleurs ; en allant pour l’occasion se frotter à plus de jeunesse et à des inconnus. Cinq interprètes seront les dix « personnages-lettres ».

Eric Sanjou