« le chant du coq / fin de programme » – en savoir plus

Jean-Louis Bourdon…

Jean-Louis Bourdon est un auteur inclassable. Marcel Maréchal qui mis en scène la pièce Jock disait de son écriture : « C’est dans le non-dit que ça dit ! Dans le rythme. Ça chaloupe comme chez Pinter et Mamet. Dans les silences, les pleurs et les éclats de rire. Ça rigole ! mais gaffe : si tu grattes un peu, c’est le désespoir absolu. »
Un théâtre dans lequel on ne s’attend pas à voir l’Arène Théâtre… Et pourtant. C’est avec gourmandise qu’elle joue ces deux pièces noires, férocement drôles et totalement déjantées. Il s’agit ici de deux couples en crise, l’un à la campagne, l’autre à la ville. Les thèmes de l’œuvre de Jean-Louis Bourdon sont forts et vont toujours jusqu’au bout de l’humain, jusqu’au bout des potentiels humains, dans le bien, comme dans le mal.

deux pièces en une…

Ces deux univers a priori très différents pourraient être portés à la scène séparément et pourtant ils forment un diptyque très convaincant d’où le choix d’Eric Sanjou d’en faire un même spectacle. Dans les deux pièces, on entre avec humour dans l’intimité d’un couple en crise et petit à petit on sent qu’il se trame quelque chose de plus grave, de plus profond, que derrière les mots se cache une autre vérité. La folie ou les névroses que dégagent les protagonistes de ces deux histoires ne vient pas uniquement de leurs vies médiocres, de leurs regrets et du temps qui passe. La vérité éclatera à la fin de chaque scène de ménage — interdiction de dévoiler les chutes écrites par Jean-Louis Bourdon ! — vérité drôle, féroce et implacable…

deux pièces, deux couples, deux crises…

Le chant du coq…

Dans la première, nous sommes dans la salle à manger d’une ferme à la campagne. C’est le soir, un homme mange sa soupe et sa femme tricote. Ils sont sales, mal fagotés. L’homme mange bruyamment, sa femme le regarde par intermittence. Soudain un coq se met à chanter. Ce coq chante sans arrêt, nuit et jour. L’homme est dans tous ses états, ça lui met les nerfs à vif. Il est en train de devenir fou. La femme fait ce qu’elle peut pour le calmer. Elle le rassure ou le menace… Mais le coq chante, chante, chante !

Fin de programme…

Dans la seconde pièce, nous sommes dans un intérieur aménagé de meubles bon marché, à la ville. Un homme est en pyjama devant sa télé, il a un large bandage autour de la tête. Il y a un bruit, un énorme bruit. Une femme en peignoir entre, elle est autoritaire. L’homme est suicidaire, il reste hébété devant sa télé qui ne diffuse plus que de la neige. Il parle d’une speakerine dont il semble être tombé amoureux, la femme lui reproche la médiocrité de leur existence. Elle semble calquer ses attitudes sur les séries télévisées dont elle est gavée… Elle parle, parle, parle !