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NOUVELLE CRÉATION DE L'ARÈNE THÉÂTRE LE PUBLIC mise en scène / scénographie : Éric Sanjou Révolutionnaire à bien des égards "Le Public", drame inachevé, est un chef d'œuvre. L'Arène Théâtre aime les chefs d'œuvres et aime passionnément Lorca. Le projet de créer la pièce n'est pas nouveau, mais il est encore plus nécessaire aujourd'hui. "Le Public" est à la fois une réflexion sur le théâtre, sur l'acte de création et l'implication de l'artiste mais également une réflexion sur la place du public, son rôle et son implication dans le processus de la représentation. Pièce en avance sur son époque, elle est aujourd'hui encore un vigoureux plaidoyer pour un théâtre et une vie libérés des entraves d'une morale castratrice. Lorca oppose dans sa parfaite construction dramatique le "théâtre sous le sable", acte de création authentique faisant tomber les masques individuels et sociaux, au "théâtre de plein air", conventionnel, superficiel qui refuse d'aborder la profondeur psychique et sociale de l'homme, ce "théâtre de canapés", comédie bourgeoise déguisée en création contemporaine qui pullule sur les scènes. Voilà pourquoi il est temps de s'y mettre, pour dire encore une fois, en explorant une nouvelle forme, la nécessité absolue de notre engagement d'artistes et laisser entrevoir au spectateur la possibilité d'une révolte, d'une action et pourquoi pas d'une vie différente. Dans la continuité de nos précédents spectacles, nous allons chercher une forme intense, pertinente et sans concessions. L'acteur sera au centre de la création, des acteurs capables de produire un jeu protéiforme, chanté et dansé lorsque ce sera nécessaire, pour une mise en branle des corps et des âmes. Dès l'entrée dans l'espace de jeu, les comédiens s'inscriront dans l'espace hyper théâtral de l'Arène. La scénographie éclatée et autonome, dégagée de la frontalité, sera reconstruite dans des lieux vides (hangars, salles polyvalentes, chapiteaux…). Nous allons créer dans une arène où l'air, la lune et les créatures n'auront pas de place où se reposer. Le jeu est partout, le théâtre est partout et le spectateur doit être physiquement impliqué. Pour cela les spectateurs se déferont de leurs vêtements coutumiers pour endosser les costumes du public. Ils ont un rôle à tenir. Les acteurs et les spectateurs mêlés feront corps avec le corps textuel et le corps du poète. Un théâtre sans tabou est-il possible ici et maintenant ? Nous devons ensemble guetter l'apparition de nos fantasmes, il faudra voir le comédien, personnage double, triple, se fondre dans le corps du public. "Le Public " se doit d'être une expérience, l'expérience périlleuse du "théâtre sous le sable". Vous qui entrez ici laissez toutes vos certitudes. Nous allons encore nous permettre la transgression, pour dévoiler l'identité profonde. Nous devons tenter l'introspection et la transposition et jouer la poésie de la sexualité pour vivre la langue flamboyante dans la clameur intense de la chair. Aimer. Bien sûr le temps y est pour quelque chose. Éric Sanjou
“Tout théâtre sort des humidités confinés. Tout théâtre véritable a une profonde puanteur de lune rance. Quand les costumes prennent la parole, les personnes vivantes sont déjà des squelettes sur les murs des catacombes. J’ai creusé le tunnel pour m’emparer des costumes, et, à travers eux, laisser pressentir une force cachée. “Une arène où l’air et la lune et les créatures entrent et sortent sans avoir une place où se reposer.” Federico Garcia Lorca
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