« pour Louis de Funès » – en savoir plus

 » L’acteur, aventurier intérieur, déséquilibriste, acrobate et trépasseur parfait. « 

Les textes s’appellent souvent et chaque création semble être une réponse à la précédente. Réponse ou creusement toujours. Le Public de Federico Garcia Lorca appelle Pour Louis de Funès de Valère Novarina… Dans ces deux textes il faut brûler tout le Théâtre, brûler les costumes et faire le faux acteur disparaître pour faire réapparaître le vrai théâtre, l’acteur vrai, l’essence.

Dans les deux cas, il faut creuser, creuser pour trouver le « théâtre sous le sable », creuser pour trouver l’acteur véritable dans le trou qu’est le théâtre… Finalement si proche ! C’est la continuité d’une parole que je trouve là. Nous allons nous glisser dans la parole de Novarina avec la plus extrême délicatesse. Trois comédiens, trois âges et trois générations, porteurs du verbe dans le noir… Des comédiens, de la lumière, un déshabillage de lumière/vidéo, un univers sonore et quelques objets : sculptures éphémères en décomposition et recomposition.

« L’acteur est aujourd’hui, plus que tout humanologue, programmaliste, sociologeur, recteur légiste, celui qui en sait le plus sur la pratique mentale pure, l’usure parfaite, la combustion du corps et de l’esprit, la renaissance psychique, le rêve et les records de résurrection, sur la chute, la gloire, la rechute, sur les sources, sur le saut ; il en sait mille fois plus que tous les spécialistes en tout, parce qu’il est seul à être dans l’impossibilité vitale de distinguer son corps de son esprit, le seul condamné à avancer toujours tout entier en même temps, le seul dont le mouvement vient de l’esprit et toute pensée passe trente fois par le laboratoire dedans. »

L’acteur au centre du gouffre. Acteur passeur au bord du lire. Faisons ce grand écart encore entre les formes, pour dire toujours que rien n’est figé, qu’il faut changer la forme, métamorphoser pour incendier les masques du pseudo-style. Creuser pour faire œuvre et non œuvrer à faire du théâtre creux.

Éric Sanjou – avril 2012