d’après le roman de Hubert Mingarelliparu aux éditions du Seuil

adaptation / mise en scène / scénographie > Eric Sanjou

interprétation >

Christophe Champain (Primo) Eric Sanjou (le père)

environnement sonore > Mathieu Hornain

Durée : 1H10

Au théâtre

Une rivière verte et silencieuse

Comme un cri d’amour

Un spectacle fragile

Au bord du lire

Comme l’apparition ineffable

De la lumière

Sur cent pots de confiture

Soigneusement alignés

Comme dans un film de De Sica

Pudiquement

Comme une trace de néo-réalisme

Poétique et digne

Comme une danse tendre et lente

Comme une lutte pour la survie

Comme une geste minutieuse

A la gloire des humbles

Au présent

Comme un refus du désespoir

Comme un cri d’amour

Au théâtre

Une rivière verte et silencieuse.

Hubert Mingarelli est l’auteur de livres pour la jeunesse très remarqués (Le secret du funambule (89), Le bruit du vent (91), La lumière volée (93)…). Après des études chaotiques, il s’engage dans la marine puis mène une existence errante à travers l’Europe. Il vit aujourd’hui dans un hameau de montagne en Isère. Son œuvre est en France de plus en plus connue. Aux éditions du Seuil : le jour de la cavalerie (95), L’Arbre (96), Vie de sable (98), Une rivière verte et silencieuse (99). Il a publié dernièrement : La dernière Neige (2000), La beauté des loutres (2002) et Quatre Soldats qui a obtenu le prix Médicis 2004.

Son dernier roman Marcher sur la rivière a paru en 2007.

UNE RIVIERE VERTE ET SILENCIEUSE

Derrière la maison, il y a des herbes hautes où Primo se promène sans être vu. Au milieu, il a taillé un tunnel long et mystérieux qu’il parcourt aller-retour, en écoutant le bruit du vent et en laissant filer ses pensées. Pendant que Primo marche dans les hautes herbes, son père travaille occasionnellement, fume, boit et vole aussi, quand c’est nécessaire. Chaque jour, ils prient ensemble, pour que le rosier de la cour fleurisse bientôt et que germent les cent graines amoureusement plantées. C’est leur part de rêve, et avec l’argent de la vente de ces futurs rosiers, le gamin voudrait acheter une rivière verte et silencieuse, pour y admirer les poissons ; une rivière qui évoque le bonheur passé, lorsque son père y pêchait de belles truites bleues à main nue…

Hubert Mingarelli parvient ici au bout d’une écriture émotive et cependant sans fioritures, toute en retenue, et nous offre un récit bouleversant sur les relations père/fils.